Un représentant de l'ONU refuse son soutien à un mouvement Soufi

 

Le Haut représentant des Nations unies pour l’Alliance des Civilisations a refusé son soutien à une initiative de l’ONG présidée par Khaled Bentounes, fin septembre, en raison de son affiliation à la pensée musulmane soufie.

 

Cheikh Khaled Bentounes, le président de l’Association internationale soufie Alâwiyya (AISA), ONG musulmane de promotion du vivre ensemble, a essuyé un refus inattendu de la part d’un représentant des Nations unies.

 

À la fin du mois de septembre, le guide spirituel de la fraternité soufie s’est en effet rendu à New York, au siège de l’ONU, pour y rencontrer le Haut représentant des Nations unies pour l’Alliance des civilisations (ONU-AC), le qatarien Nassir Abdelaziz Al-Nasser. Khaled Bentounes souhaitait en effet solliciter le soutien du représentant à sa pétition en ligne pour que les Nations unies décrètent une Journée Internationale du Vivre Ensemble.

Mais la porte-parole de Nassir Abdelaziz Al-Nasser lui a opposé un refus, au motif que l’ONU-AC « n’accorde aucun soutien aux mouvements soufis ». Un refus d’autant plus surprenant que l’ONG AISA dispose déjà d’un « statut consultatif spécial » auprès du Conseil économique et social de l’ONU. L’organisation a également participé, en mai 2016, au sommet humanitaire mondial d’Istanbul, également organisé par l’ONU.

 

La pensée soufie « loin d’être un handicap »

Surpris de cette réponse, Khaled Bentounes a adressé une lettre au Haut représentant, lui demandant de réviser sa position. « Nos engagements émis lors du premier sommet humanitaire à Istanbul au mois de mai dernier, vont dans le sens des actions de votre organisme », plaide-t-il dans ce courrier.

« Notre affiliation à l’école de la pensée soufie fondée par le Cheikh Ahmed Mustapha al-'Alâwî, au début du XXe siècle, auquel l’Unesco a rendu hommage en le reconnaissant comme un grand penseur du XXe siècle, est loin d’être un handicap à un moment où le monde musulman vie des moments graves et l’image de l’Islam ne cesse de se dégrader », poursuit Khaled Bentounes. Et le guide soufi d’appeler le représentant de l’ONU à « voir que les actions que nous menons vont dans le sens de la promotion d’un islam d’ouverture ».

« Il est de votre responsabilité et de votre devoir en tant qu’organisme international de coopérer et d’aider les idéaux qui contribuent à donner la place à cet Islam de tolérance et de fraternité pour réconcilier la famille humaine dans sa diversité », insiste-t-il.

De nationalité algérienne, Khaled Bentounes est également actif en France, où il a fondé en 1991 le mouvement des Scouts Musulmans de France.

Gauthier Vaillant (LA CROIX)

Article de presse

Actualité publié le 04/10/2016